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Les périls de l'amiante dans la rénovation

  L'amiante aussi appelé asbeste, lorsque employé sous sa forme friable, cette roche fibreuse risque de se dissocier, lors de travaux de rénovation. Ainsi répandue dans l'air, ces fibres microscopiques menacent la vie des personnes qui les respirent. Les matériaux contenants de l'amiante, anciennement utilisés à toutes les sauces, abondent dans les bâtiments québécois construits avant 1980. Ce sont actuellement les travailleurs du secteur de la rénovation et de l'entretien qui se trouvent le plus exposés aux poussières d'amiante. « En 2001, la CSST dénombrait 84 décès attribuables aux maladies professionnelles, dont 63 s'avèrent reliés à l'inhalation de fibres d'amiante. »

  Un éventail de propriétés très recherchées, comme sa durabilité, son ininflammabilité et sa haute résistance à la chaleur, expliquent l'utilisation répandue de ce minerai comme isolant thermique, électrique ou même acoustique. Il existe plusieurs types d'amiantes et ils constituent des degrés de risque différents. Le chrysotile ou amiante blanc, le seul type encore extrait au Québec, semble infliger moins de dommages sur la santé que ceux du type amphibole comme l'amosite ou la crocidolite.

Friable ou non ?
  L'amiante peut se contenir dans des matériaux friables ou non friables. À l'intérieur des produits non friables, les fibres sont fermement liées à l'aide d'un médium solide et les risques de diffusion dans l'air sont absents sauf s'ils sont sciés, percés, grattés ou lors d'autres interventions de ce genre. S'ils affichent une grande friabilité, une simple pression, une vibration ou un choc est suffisant pour détacher de si néfastes poussières de ces matières friables.

Maladies professionnelles à domicile
  L'invisible présence de fibres d'amiantes dans l'air peut causer des maladies respiratoires fatales aux travailleurs et personnes qui inhalent cette poussière sans se méfier et sans avoir pu se protéger adéquatement.

  L'amiantose, le mésothéliome ainsi que le cancer du poumon, causé par l'exposition aux fibres d'amiante, ont des périodes de latence se situant entre 20 et 40 ans. Cela contribue à amplifier le profil de complexité de ce problème de longue haleine. C'est ainsi qu'un décalage d'au moins vingt ans peut s'écouler, dépendamment de l'importance de la période d'exposition, avant qu'on puisse détecter et rectifier une situation déficiente, suite au témoignage d'une victime de maladie reliée à l'amiante.

  Aujourd'hui, les possibilités de choper une maladie pulmonaire lors de l'extraction ou de la transformation de l'amiante ont été réduites à néant. Ce sont actuellement les travailleurs du secteur de la rénovation, de l'entretien et de la maintenance qui courent le plus de risques. Tout particulièrement les ouvriers non qualifiés, qui méconnaissent le problème et ignorent la présence de substances friables contenants de l'amiante.

Type d'habitations
  Ces matériaux pouvant libérer des particules d'amiante se retrouvent dans plusieurs bâtiments d'habitation érigés avant 1980. On les trouve notamment dans les immeubles à logements multiples et dans les édifices, anciennement à vocation publique, commercial ou industriel, ayant subit une conversion en résidences.

Travaux de rénovations
  Lorsqu'un propriétaire ou un entrepreneur soupçonne la présence d'amiante, il est tenu de faire procéder à des prélèvements et analyses d'échantillons pour en confirmer l'existence et en déterminer le type et l'état de friabilité. Il sera ensuite loisible d'élaboré un plan d'action conforme et sécuritaire.

  L'entrepreneur désirant s'attaquer à des travaux d'enlèvement ou de démolition comportant de l'amiante, a l'obligation d'en divulguer la présence à la CSST. L'organisme procède alors, prioritairement, à l'inspection systématique du chantier. L'entrepreneur, en plus de fournir une attestation de compétence, est garant de la formation et de la sécurité des travailleurs. Alors, il doit s'assurer d'utiliser les méthodes de protection adéquates. En cas d'effraction à ce règlement, en plus d'entraîner la suspension des opérations, de sévères condamnations publiques sont appliquées.

  Plusieurs entreprises se spécialisent dans les travaux impliquant l'amiante. N'hésitez pas à faire appel à leur expertise. Surtout, ne vous aventurez jamais à effectuer l'enlèvement par vous-même.

  Lors de la conception de plan ou devis de rénovation, l'architecte ou l'ingénieur membre d'une corporation professionnelle procède à certaines vérifications systématiques.

  Si vous repérez des matières friables composées d'amiante qui s'avèrent endommagées ou éventées, quelques options sont envisageables pour corriger cette dangereuse situation : le confinement, le scellement ou l'enlèvement. Cette dernière solution est plus risquée et plus dispendieuse.

  Les propriétaires ont plusieurs responsabilités face aux travaux de rénovation et d'entretien. Parmi ceux-ci figure le suivit du cycle des déchets dangereux d'amiante, du scellement des contenants jusqu'à l'expédition de ceux-ci à un site d'enfouissement accrédité à cette fin.

Où chercher ?
  L'amiante entre dans la constitution d'une profusion d'objets d'usage courant tel que les grille-pain, les chauffe-eau et les systèmes de freinage automobile. Parmi les matériaux friables on le retrouve sous forme de flocage (projection de fibres sur enduit adhésif) sur des poutres, des murs ou derrière des plafonds suspendus. On en fit également usage en abondance comme calorifugeage autour des tuyaux et sous forme de composé de plâtre. Certaines gaines de fils ou de câbles ainsi que certains rubans à isoler se classent aussi dans cette catégorie.

  Une abondance de matériaux renfermant de l'amiante sont non friables. Tuyaux, tuiles de plancher, faux-plafond, conduits de ventilation et panneaux de revêtement ondulés en sont quelques exemples.

Mesures de protection
  Plusieurs normes de sécurité sont de rigueur selon le niveau de risque des travaux. Le degré de danger est différent entre l'enlèvement d'un flocage et la réparation d'une section de tuyau au calorifugeage friable. Cela nécessite parfois l'isolation complète d'une zone de travail ou simplement, d'une section de tuyau avec des sacs à gants.

  On procède au mouillage des matériaux les plus friables et dans tous les cas, les protections individuelles prennent une importance capitale, surtout le masque respiratoire recommandé.


Martin Saint-Pierre
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