Les trois premières années
de la vie revêtent une
importance critique pour le développement de
l'enfant. La chambre devrait donc être une oasis de
santé en dépit d'un monde de plus en plus pollué.
Fabrice est né avec de sérieux et douloureux
problèmes digestifs. Un allergologue lui diagnostique une
foule de très graves allergies alimentaires qui l'empêcheront
pendant quelques années d'aller à l'école,
comme tous les enfants. Ses parents, de fidèles lecteurs
de La Maison du 21e siècle, font inspecter leur maison par
un géobiologue qui y détecte une pollution électromagnétique
importante. Comme si ce n'était pas assez, la maison est
même polluée par une industrie voisine. Les parents
de Francis décident donc de se faire bâtir une maison
ultra saine qui, de concert avec plusieurs autres interventions,
notamment alimentaires, améliora radicalement la santé
de Fabrice. Aujourd'hui, il est en deuxième année,
joue du violon et sa mère s'exclame : « Il n'y a pas
une journée où je ne me dis pas : mon Dieu qu'on est
bien! »
Même si tous les enfants ne sont pas aussi fragiles
que Fabrice, une chose est claire : les enfants, les personnes
âgées, les personnes malades et les femmes enceintes
sont particulièrement sensibles aux polluants environnementaux.
Le gros bon sens dicte donc l'application du principe de précaution,
même en présence d'incertitudes scientifiques sur leur
degré de nocivité. Dans un monde où l'air,
l'eau et les aliments sont souvent de plus en plus pollués,
la chambre à coucher d'un enfant devrait être une oasis
de santé, d'autant plus que le corps se défend moins
bien lorsqu'il sommeille. Les trois premières années
de la vie revêtent une importance critique pour le développement
de l'enfant, car le cerveau n'a pas fini de se développer,
explique l'Institut canadien de santé infantile.
Les maisons devraient être éloignées,
à au moins 100 mètres et idéalement à
plus d'un kilomètre, de sources polluantes : les fermes,
industries, autoroutes, les lignes à haute tension, etc.
Comme ce n'est pas toujours possible, on peut au moins favoriser
la vigueur de l'enfant en assainissant sa chambre. Cet article vous
propose des idéaux : rappelezvous que la perfection
n'est pas de ce monde et que la peur est souvent aussi ou plus nocive
que la pollution. Faites de votre mieux !
Ne jouons pas à l'autruche : la fumée
et autres sous-produits de combustion, surtout de tabac et de bois,
constituent souvent les principaux polluants intérieurs menaçant
la santé des enfants.
La température idéale pour la chambre
du bébé est de 20 degrés Celsius. Les planchers,
radiateurs et plinthes dans lesquels circule de l'eau chaude représentent
le mode de chauffage le plus sain qui soit après le solaire
passif (à condition de ne pas chauffer l'eau avec une bouilloire
ou un chauffe-eau rejetant accidentellement des gaz de combustion
dans l'air intérieur). Le chauffage basse température
des planchers émet moins de particules dans l'air et diminue
le taux d'acariens déclencheurs d'asthme en abaissant le
taux d'humidité relative.
Le chauffage électrique est le plus recommandé
par la Société canadienne d'hypothèques et
de logement (SCHL) dans les maisons pour personnes hypersensibles.
Il est faux de croire que les plinthes ou les convecteurs électriques
assèchent l'air : ils ne font que griller les poussières,
d'où l'importance de nettoyer ces appareils à l'automne
et de bien ventiler. (La chaleur ne fait pas disparaître l'eau,
elle la transforme en vapeur. Les maisons les plus sèches
en hiver sont les moins étanches à l'air : elles
ne retiennent pas assez d'humidité.)
Électromagnétisme
Seule mise en garde sur le chauffage électrique :
éloignez bébé à au moins 3 pieds de
tout appareil électrique allumé. Le courant qui circule
dans un câble, transformateur, appareil électrique
émet un champ magnétique de 60 Hertz soupçonné
cancérogène. Selon le Centre international de recherches
sur le cancer, les enfants surexposés courent deux fois plus
de risque de leucémie, . (Évitez surtout d'utiliser
un interphone de surveillance, qui émet de puissantes radiofréquences
jusqu'à 900 méga- Hertz! sur de grandes
distances.)
Tout comme la lumière, la pollution électromagnétique
affecte notamment la glande pituitaire qui sécrète
la mélatonine, l'hormone fondamentale dans le cycle éveil-sommeil
et qui affecte le système nerveux et les autres glandes et
hormones. « Les enfants surexposés à cette
pollution sont souvent distraits et irritables, en plus d'avoir
des problèmes de concentration et de sommeil »,
explique l'expert Andrew Michrowski, d'Ottawa.
Heureusement, l'intensité du champ magnétique
diminue au carré de la distance : il est 4 fois plus
faible à 2 pieds plutôt qu'à un pied de l'appareil
ou du câble émetteur.
Certains appareils et câblages sont mieux conçus
que d'autres. Ainsi, il suffit de s'éloigner à aussi
peu que 2-3 pieds d'une plinthe ou d'un convecteur électrique
pour que le champ mesuré soit négligeable. Par contre,
comme le champ magnétique traverse les murs, il faut se tenir
à plus de six pieds d'une télévision et encore
plus loin d'un four à micro-ondes, l'appareil domestique
qui émet le champ le plus élevé, selon M. Michrowski.
De toute façon, des chercheurs biélorusses ont découvert
que la nourriture chauffée au micro-ondes contient bon nombre
de substances cancérogènes.
Il est sage d'éloigner le lit de bébé
le plus possible de l'entrée et des panneaux électriques,
de même que de l'entrée d'eau métallique sur laquelle
la mise à la terre est faite dans les villes, car ils peuvent
émettre un champ magnétique puissant. Andrew Michrowski
a souvent fait corriger ces problèmes par les électriciens
et les compagnies d'électricité. « Le rapprochement
des fils en parallèle et l'équilibrage des phases (autant
de courant doit sortir de la maison qu'il en entre) permettent aux
champs émis de se neutraliser mutuellement. » C'est
ainsi que les fabricants Ouellet Canada et Flextherm ont réussi
à fabriquer de nouveaux systèmes de planchers radiants
électriques peu ou pas polluants (certains anciens systèmes
émettent des champs extrêmement élevés).
Fabrice est en meilleure santé
depuis que ses parents
ont assaini sa diète et son environnement.
Chauffage à combustion
Tout appareil de chauffage à combustion exige un
entretien annuel effectué par un professionnel ainsi que l'installation
d'un détecteur de monoxyde de carbone, et de fumée si
vous chauffez au bois. À moins d'utiliser un foyer de masse
qui ne requiert qu'un à deux feux par jour, évitez de
chauffer principalement au bois, car le peu de fumée qui s'infiltre
occasionnellement dans la maison nuit au coeur, aux poumons et à
l'immunité des bébés. Les poêles, foyers
et systèmes centraux devraient être dotés d'une
prise d'air extérieur et d'une chambre à combustion
scellée pour éviter le refoulement de fumée dans
la maison par un ventilateur d'évacuation, telle une hotte
de cuisine, qui peut mettre la maison en pression négative.
Entre 5 et 10 % des maisons subissent une telle dépressurisation.
Les générateurs de chaleur centraux dotés d'un
brûleur atmosphérique, donc d'une cheminée à
tirage naturel, sont vulnérables à de telles fuites.
Même une très petite fuite de gaz naturel ou de propane
est très irritante car ces gaz contiennent un additif à
base de soufre.
L'usage d'un purificateur d'air n'est pas essentiel, selon
la SCHL. L'important est de garder la maison raisonnablement propre.
Évitez par contre les nettoyants antibactériens, qui
tuent aussi les bactéries bénéfiques. Les dernières
études indiquent que l'exposition modérée en
très bas âge aux poussières, microbes et animaux
semble protéger les bébés contre les allergies
et l'asthme. Par contre, si votre enfant souffre de problèmes
respiratoires ou si vous utilisez un système central à
air soufflé, un épurateur d'air est de mise. En effet,
le puissant ventilateur des systèmes centraux est une source
importante de fines particu-les en suspension. Microscopiques, elles
exacerbent l'asthme en pénétrant profondément
dans les poumons. Optez pour un système de filtration à
haute efficacité, idéalement de type HEPA (High Efficiency
Particulate Arrestor), qui capte le plus de fines particules. Sachez
par contre que la principale source de poussière dans la maison
est le déplacement des humains et des animaux. L'on ne peut
donc pas se passer d'épousseter et de balayer! Les médecins
conseillent aussi de limiter le nombre de toutous et autres objets
captant la poussière, car celleci favorise la prolifération
d'acariens et de moisissures allergènes.
Parlant d'animaux, sachez qu'il vaut mieux les interdire
de la chambre d'un poupon, car ils pourraient y introduire des poisons
extérieurs tels des pesticides. Il existe des insecticides
naturels sécuritaires, telle la terre diatomée, mais
l'idéal est de corriger la source de l'invasion de parasites
comme les coquerelles, soit les ouvertures dans l'enveloppe du bâtiment,
les miettes de nourriture qui traînent, l'excès d'humidité.
Vous devriez bannir tout pesticide de votre terrain et
de votre maison. Ils sont faits pour tuer et la plupart sont toxiques
notamment pour les systèmes nerveux et reproducteurs, en plus
d'être soupçonnés ou reconnus cancérogènes.
Les pesticides appliqués dehors se concentrent dans les maisons
et y demeurent pendant des années.
Autres fumées et odeurs
Amélie Bonin Rompré:
un bébé en santé dans son oasis naturelle.
Si vous fumez, faites-le dehors car même à
partir du sous-sol, une partie de la fumée se rendra dans la
chambre de bébé. Par ailleurs, il est risqué
d'aména-ger une chambre au-dessus d'un garage d'où seraient
émis des gaz d'échappement et des vapeurs chimiques.
Retenez aussi que les enfants doivent être tenus
le plus loin possible des cuisinières au gaz naturel, dont
les émissions triplent le risque de maladies respiratoires,
de la combustion de chandelles et surtout d'encens, qui génèrent
beaucoup de fines particules nocives. Les chandelles parfumées
envoient des polluants chimi-ques dans l'air. En outre, les mèches
de certaines chandelles importées contiennent du plomb neurotoxique.
Pour vous débarrasser des odeurs désagréables,
la SCHL déconseille l'usage des générateurs d'ozone
et des sent-bon chimiques : tous deux irritent les voies respiratoires.
« L'air frais en général n'a pas d'odeur,
explique Ken Ruest, chercheur à la SCHL. Il vaut mieux se débarrasser
des sources offensives plutôt que de masquer les odeurs avec
des produits chimiques dont les vapeurs respirées entrent directement
dans le système sanguin sans être filtrées par
le système digestif (le foie, et les reins). » Selon
l'Agence de protection de l'Environnement des États-Unis, les
sent-bon chimiques émettent du formal-déhyde cancérogène
et du paradichlo-robenzène, un insecticide présent dans
les boules à mites et pouvant causer à long terme des
atteintes hépatiques, rénales, pulmonaires et sanguines.
Le laboratoire vermontois Anderson, spécialisé dans
l'impact des produits de consommation sur la qualité de l'air
intérieur, a déjà démontré que
les sent-bon chimiques sont toxi-ques pour les souris à des
doses comparables à celles absorbées par les humains.